
Notre projet éducatif
Le projet éducatif de Plan B est un document qui s’inscrit dans le projet associatif. On y détaille ce que l’on porte pédagogiquement pour les formations qu’on organise et la vision que l’on défend des Accueils Collectifs de Mineur·e·s.
L’intégralité de notre projet éducatif est visible en ligne. Vous pouvez également, si vous le souhaitez, le télécharger au format PDF.
L’association Plan B est créée par des personnes qui sont traversées par des enjeux d’oppressions et qui souhaitent les mettre au travail. L’animation a été pour nous un espace contribuant à élaborer une pensée critique qui s’est nourrie dans des investissements associatifs. Ces expériences militantes nous ont permis d’affiner nos valeurs éducatives et de les concrétiser dans nos pratiques.
Aujourd’hui, il fait sens pour nous de faire vivre notre propre association avec pour objectifs d’avoir des espaces d’éducation politique, de travailler notre lecture des rapports de pouvoir et de la compréhension des mécaniques qui se jouent en interne, sur nos terrains d’application, dans la société. Nous souhaitons que nos pratiques d’animation favorisent l’émancipation collective et la transformation sociale.
Pour cela, nous mettons en place des espaces de formation investissant ces enjeux nourris par une vie militante portée par des convictions communes décrites ci-dessous.


Notre existence administrative et matérielle
Plan B existe à travers une association 1901 déclarée en préfecture sous le nom “Plan B – association
d’éducation populaire” avec des statuts associatif décrivant ses règles et ses fonctionnements ainsi
ses possibles activités.
La collégiale est l’organe administrateur et ses membres fournissent un travail bénévole pour que
l’association ait des activités régulières et une offre de formation pertinente politiquement,
pédagogiquement et techniquement.
Matériellement, même si Plan B a une adresse, elle n’utilise pour l’instant pas de locaux permanents
et en obtient par location ou contrepartie de services (de formation notamment).
Plan B est doté de documentation, de matériels de formation et budgétise ses besoins matériels liés
aux projections de formation.
Plan B s’engage moralement, administrativement et commercialement à fournir des conditions
matérielles de qualité aux formateur⋅ices et participant⋅es de ses formations. Les conditions
matérielles représentent à la fois ce qu’implique l’accès à des espaces de formation, des espaces de
vie (pour les formations en demi-pension ou pension) et du matériel pédagogique adapté à ses
formations et leurs objectifs et ambitions pédagogiques.
Notre fonctionnement en tant qu’organisme de formation
Plan B possède un catalogue de formation à destination des structures de l’éducatif, du social et de l’animation qui peuvent être autant des collectivités, des associations ou des entreprises. Plan B répond également à des appels à projets ou travaille en partenariat avec des instances publiques par lesquelles elle se fait subventionner pour de l’activité de formation à destinations de professionnel⋅les, de volontaires et de bénévoles.
L’association possède une structure interne, des fonctionnements et des processus qui reposent à la fois sur le bénévolat de ses membres (particulièrement ceux de la collégiale) mais aussi sur du salariat ponctuel pour des fonctions administratives ou pédagogiques définies. Plan B s’assure d’une formation de ses membres, l’élaboration collective de contenus originaux de formation ainsi que d’une veille pédagogique et un travail partenarial avec des structures aux objets ou visées proches des siennes propres.
Son site internet est le reflet de ce que Plan B est capable de porter et de proposer dans ses formations. Elle met par ailleurs à disposition de ses membres et de participant⋅es à ses formations de la documentation papier ou dématérialisée sur son cloud.
Nos engagements vis-à-vis des équipes
L’association a à cœur de proposer de bonnes conditions de travail aux formateur·trice·s ainsi que de les accompagner tout au long de leur parcours de formation interne.
Pour cela, nous nous engageons à :
- Un taux d’encadrement élevé : un·e formateur·trice pour huit stagiaires
- Des journées de formation initiale ou continue chaque année
- Des équipes mixtes qui changent régulièrement, pour favoriser la diversité de méthodes et de points de vue.
- Des temps de préparation rémunérés pour que l’équipe puisse se rencontrer et préparer le stage.
- Une coordination présente pour accompagner l’équipe avant, pendant et après le stage.
- Nous souhaitons que nos stages soient accessibles à toutes et à tous. Ainsi, nous mettons en place une politique de tarifs adaptée aux quotients familiaux. De plus, nous sommes attentifs aux lieux de stage afin de garantir une accessibilité géographique et physique.
La formation pour toutes et tous
Dans cet objectif, l’association s’engage à rendre ses stages accessibles financièrement,
géographiquement et physiquement. Au sein des stages, cela se traduit aussi par :
→ Accueillir
L’association et les équipes de stages sont à l’écoute des besoins des stagiaires avant et pendant et après le stage, pour essayer de s’adapter à chaque spécificité. Ainsi, toutes nos formations sont travaillées pour fournir des accueils modulables au plus près des besoins des participant·e·s, stagiaires et équipes (mode d’hébergement, horaires, salle de pauses, espaces de repos, alimentation, etc.).
→ Assurer une vie de groupe qui n’oublie pas les
individualités
Les moments de formation sont aussi des moments de rencontre et des espaces pour faire groupe. Or, cela doit survenir sans que cela soit au détriment des individualités qui leur composent. PlanB s’assure que les équipe ont les moyens (matériels, humains, pédagogiques) de faire vivre le groupe, l’accompagner dans sa dynamique d’une manière à prendre chacun⋅e en compte et qu’il soit possible à chacun⋅e d’y prendre une place.
→ Accompagner et assurer le suivi des stagiaires
Plan B s’engage à accompagner toute personne à la validation de son stage. Un suivi individuel est mis en place afin d’identifier les besoins spécifiques de toutes et tous. L’équipe accompagne les stagiaires à trouver leur place au sein du groupe ainsi qu’à leur permettre de réaliser leurs objectifs de formation.
De plus, chaque stagiaire pourra rencontrer un·e ou plusieurs membres de l’équipe de formation à sa demande. La validation du stage ne repose pas sur les compétences orales ou écrites des stagiaires.
→ Garantir le respect et la dignité de chacun·e
Nos équipes ont une vigilance particulière sur les questions de discriminations (tels que le validisme, racisme, sexisme…). Les questions de respect et de consentement sont au centre des cadres de vie sur les formations. Chaque personne doit être respectée dans sa dignité, en particulier les personnes politiquement minorisées.
Les équipes sont formées au repérage et à la prise en charge des comportements oppressifs de manière individuelle et collective. Pour cela, des espaces de pédagogies sont présents pour le groupe ainsi que pour la parole individuelle.
Éducation populaire et transformation sociale
Nous souhaitons que nos formations permettent des outils de compréhension du monde et de son fonctionnement. Les enjeux interrogés dépassent le cadre de l’animation et relèvent de problématiques sociétales. Dans nos formations, des espaces de théorisation et d’expérimentation sont conçus pour que les stagiaires fassent l’aller-retour entre les enjeux dans l’animation et dans la société, qu’ils et elles identifient leur capacité d’action depuis leur position. Enfin, nous souhaitons que cela leur permette d’en faire de même avec les publics qu’ils et elles accueillent.
Pour cela, Plan B souhaite :

→ Un institutionnel pour une cogestion du groupe
Chaque stage de Plan B comporte une présentation du cadre du stage autant dans sa partie non négociable, déterminé par la loi, le règlement intérieur et le cadre de formation (les deux derniers garantis par l’équipe) que dans sa partie modifiable par le groupe dans les espaces institutionnels (groupe de vie de stage, conseils, commission). Les règles de prise de décision sont présentées au groupe et les formateur⋅ice se posent à la fois comme membre du groupe et garant d’une vie démocratique au sein du stage. Le groupe doit pouvoir prendre des décisions significatives le concernant et celle-ci doivent être appliquée sans que les formateur⋅ices n’abusent de leur statut.
→ Participer à la conscientisation du rôle politique d’animateur·trice
L’animation volontaire relève d’un engagement militant. Les formations à l’animation volontaire doivent en conséquence permettre aux stagiaires de construire leur propre vision du rôle d’animateur·trice. Appréhender la dimension politique et éducative, travailler sur les enjeux de société fait partie du rôle de l’animateur·trice. Discriminations, écologie, démocratie, sont autant de sujets que nous pouvons aborder sur le terrain avec les enfants, les impliquant dans et hors des ACM et sur lesquels les anim peuvent agir au moins à un niveau éducatif (intervenir, répondre à des questions, sensibiliser, accompagner…).
→ S’appuyer sur les expériences des stagiaires
L’organisation des temps de formation et d’échanges permettent aux stagiaires de s’appuyer sur leurs expériences et sur la confrontation avec le vécu de chacun·e pour produire de l’analyse. Dans le cadre de la pratique d’activités, les équipes de stage pourront s’appuyer sur les compétences et connaissances personnelles des stagiaires afin de favoriser la formation entre pairs. Grâce à cette démarche de co-formation ainsi que l’analyse collective des pratiques et vécus, les stagiaires pourront prendre du recul sur leurs expériences individuelles afin de créer du lien avec des problématiques et enjeux sociétaux. Les équipes de formation prennent en compte les expériences et besoins des stagiaires dans la construction des contenus de formation.
→ Permettre de créer et renforcer un bagage technique
La pratique d’activités sur les stages est un des aspects importants de la formation. Nous sommes convaincus que vivre des activités variées parmi les huit familles d’activités (activités culturelles, scientifiques, de plein air, techniques, de milieu, d’expression, de jeux collectifs et de grands jeux) participe à l’acquisition, la compréhension et la mémorisation de techniques d’animation et de savoir-faire. Chaque stagiaire a l’opportunité de vivre ou faire vivre des activités au reste du groupe pendant les stages. Découvrir la préparation et la menée d’une animation doit être complété de temps de formation complémentaire permettant de bien comprendre les enjeux au-delà des techniques d’animation.
Nous associons les temps de pratique à des temps d’analyse de l’activité vécue : analyse tant de l’activité elle-même que de la manière dont elle a été proposé. Nous attendons des stagiaires un regard constructif sur les activités, d’identifier comment les adapter à l’environnement, au public, le type de structure ou même le contexte social. Les stagiaires peuvent également compléter leurs recherches de jeux et activités lors de temps personnels de formation grâce à la documentation recommandée et mise à disposition. Les stagiaires sortent ainsi de la session avec un répertoire étoffé d’activités qu’ils et elles pourront s’approprier et réutiliser à leur manière sur le terrain.
→ Permettre l’expérimentation et l’erreur : un outil d’apprentissage
Nous souhaitons défendre l’acquisition de savoirs théoriques ou pratiques par l’expérimentation. Le cadre de nos formations doit être sécurisant, et permettre de tester, d’expérimenter ainsi que de se tromper. Si nous souhaitons au maximum mettre les stagiaires en situation de réussite, l’erreur doit être bienvenue et accueillie sans jugement. Pour cela, nous prévoyons régulièrement des temps de bilans et d’analyses des temps de formation.

Ce que nous défendons pour les ACM
En tant qu’organisme de formation, il nous semble essentiel de relier nos valeurs et nos pratiques pédagogiques avec des fonctionnements que nous défendons dans les ACM (Accueils Collectifs de Mineur·e·s). Ces derniers sont des espaces éducatifs qui s’inscrivent dans un contexte culturel, social et environnemental. De fait, comme ces espaces sont en évolution constante, nous nous engageons à requestionner et faire évoluer nos pratiques et réflexions.
Nous défendons pour les ACM le droit des enfants à :
- gagner en autonomie : les enfants peuvent faire seul·e·s, prendre des risques, expérimenter, prendre des responsabilités.
- être respecté·e·s dans leur rythme de vacances et de loisirs : les enfants peuvent se reposer aux horaires qui leur conviennent, avoir le choix de ne rien faire ou de faire souvent la même chose, d’arrêter l’activité en cours de route.
- décider des contenus de leurs journées : les enfants peuvent exprimer leurs envies et opinions, exprimer leurs désaccords, faire des choix différents du reste du groupe, et que ces choix soit pris en compte.
- être respecté·e·s dans leur intégrité : chaque enfant est différent et doit être pris·e en compte dans son intégrité, son identité, ses besoins, son régime alimentaire, sa maladie, ses capacités, sa religion.
- avoir une vie collective de qualité : les enfants peuvent choisir avec qui ils et elles sont et passent du temps, accéder à des espaces pour exprimer et réguler leurs émotions, difficultés et besoins, y compris le besoin de s’isoler ou d’avoir de l’intimité. Pour tout cela, nous souhaitons des ACM où il y a une vraie réflexion sur les rapports de pouvoir des adultes sur les enfants, et revendiquons des conditions de travail décentes pour les équipes (taux d’encadrement, droit à la formation, indemnités décentes et pour tout le monde – sauf dans le cas de bénévolat pour toute l’équipe –, temps de repos suffisants…).
